• LES COUPS DE COEUR DRAMATURGIQUES DU THÉÂTRE À L'EAU FROIDE •

Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui je suis. Ou presque...

On s'est dit qu'on aimerait partager nos coups de coeur théâtraux de tous les temps. Si jamais vous les avez pas lus... Peut-être que ça pourrait mettre de nouvelles lectures à votre liste de vie

 

LES CHOIX D'HÉLÈNE:

 Serge Boucher

Serge Boucher

« Motel Hélène » de Serge Boucher

Le destin tragique d'une femme ordinaire est si bien décrit par Serge. Si j'avais été comédienne, je pense que ça aurait été mon fantasme d'actrice d'un jour incarner le personnage de Johanne.

 

« Blackbird » de David Harrower

Pourquoi? Pour le dilemme éthique et tous les questionnements qu'imposent  cet amour impossible entre un homme d'âge mûr et une femme trop jeune pour aimer. J'ai apprécié la forme particulière du texte et la tension qui se dégage. À lire sans retenue.

 

 Alexandro Jodorowski

Alexandro Jodorowski

« L'École des ventriloques » d'Alexandro Jodorowski

Une pièce que j'ai eu le bonheur de découvrir au festival d'Avignon en 2014. Un vrai bijou. La pièce est basée sur un jeu de pouvoir entre l'homme et la marionnette. Et si on inversait les rôles? Si c'étaient les marionnettes qui manipulaient les humains pour une fois qu'est-ce que donnerait? Intéressant non? Je reverrais ce spectacle encore et encore.

 

 

 

LES CHOIX DE DANIEL :

« Bob » de René-Daniel Dubois

Peut-être parce que je trouve que ça représente bien l’homosexualité, parce que ça me touche profondément, parce que je me reconnais et  pour la justesse des enjeux. Pour ce cratère immense qui s’installe entre nous et la réalité après une rupture amoureuse qui est si bien illustrée dans cette œuvre. Parce que c’est pas toujours beau, pis c’est ben correct. Pour l’investissement personnel de René-Daniel dans son texte. Pour le vomi de mots toujours méticuleusement choisi.

 

« Tristesse animal noir » d'Anja Hilling

 Anja Hilling

Anja Hilling

Pour la dramaturgie forte, pour la beauté des images et pour la grande tragédie qui apparaît au beau milieu d’une situation très contemporaire. Pour les narrations qui n’ennuient pas. Pour les thématiques de l’amitié et du passage du temps. Pour la poésie, la nature et ses champs lexicaux. Parce que ça parle de force intérieure. Pour cette auteure allemande que j’aime beaucoup.

 

« La réunification des deux Corées » de Joël Pommerat

Pour les dialogues si bien construits, pour les situations concrètes qui vont droit au but. Pour ce beau mélange des styles. Pour ce que ça fait résonner en moi sur les relations interpersonnelles.  Pour les leçons sur la vie que l'oeuvre a su m'apporter. Parce qu’un texte monté en recueil de scènes indépendantes, ça se peut . C'est pas juste fait pour le théâtre parascolaire. Et aussi parce que jouer le personnage de l’Instituteur a été mon plus beau cadeau à l’École de théâtre.

 

LES CHOIX DE KARIANE :

Adaptation théâtrale du « Grand Cahier » d'Agota Kristof faite par Catherine Vidal.

Je me rappelle avoir vu ce spectacle alors que j’étais encore au Cégep, toute hésitante par rapport à mon futur. L’adaptation du groupe Bec-de-Lièvre m’a ébranlée à un point tel que mon chemin de vie s’est clarifié ; j’allais être comédienne. La violence des liens fraternels en période de guerre additionnée des procédés de mise en scène sensibles et astucieux ont fait que ce spectacle reste à ce jour un des meilleurs spectacles qu’il m’ait été donné de voir.

 

 Wajdi Mouawad

Wajdi Mouawad

« Les mains d’Edwige au moment de la naissance » de Wajdi Mouawad.

Ma première scène d’audition dans les écoles. J’avais 19 ans. Je me rappelle avoir trouvé Wajdi par hasard. À la bibliothèque de Sorel. Je cherchais des pièces à tâtons. Souhaitant découvrir de petits joyaux. Et Wajdi m’est tombé dessus. Comme une évidence. Je n’ai jamais autant pleuré qu’après la lecture de cette œuvre. L'amour qu'Esther porte en elle est la plus belle chose que j'ai pu lire/vivre.

 

« La Nuit juste avant les forêts » de Bernard-Marie Koltès

 Bernard-Marie Koltès

Bernard-Marie Koltès

J’étudiais au baccalauréat en Études littéraires et il y avait un cours de corpus d’auteur sur Koltès. Je ne le connaissais pas du tout. J'ai pris un risque et me suis inscrite. Une rencontre hallucinante s’est produite. J’ai choisi « La Nuit juste avant les forêts » car elle a été la première. Mais j’aurais pu dire « Roberto Zucco », ou bien « Quai ouest ». J’aurais pu toutes les dire tellement mon admiration pour Koltès est grande.

Catherine Demers