• L’adulescence issue des Coleman-Millaire-Fortin-Campbell •

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En janvier et février 2019, nous aurons la chance de jouer Les Coleman-Millaire-Fortin-Campbell à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier. Le Denise-Pelletier est le foyer de plusieurs productions adressées aux jeunes et moins jeunes. D’ailleurs, depuis quelques mois, les gens nous demandent quel est le public cible de notre spectacle. À quelle tranche d’âge il s’adresse plus particulièrement. Aujourd’hui, la fée du blogue est là pour répondre à toutes ces questions. Donc, si tu souhaites inviter ton neveu à voir notre spectacle (et l’accompagner par le fait même) et que t’hésites encore, voici les raisons qui vont faire que t’hésiteras plus.


L’émancipation comme enjeu principal

Ce qui nous a le plus happés dans La omision de la familia Coleman est ce besoin poignant qu’ont les protagonistes de l’oeuvre de s’émanciper, de se définir à l’extérieur du cadre familial. L’adolescence est un lieu transitoire, une période où les questions d’ordre identitaires nous sautent au visage. Tous les personnages des Coleman-Millaire-Fortin-Campbell cherchent à s’affranchir. Témoignant de la crise économique argentine du début des années 2000, le texte met en relation des humains devant cohabiter dans le même espace, faute de moyens. Il est donc difficile pour tout le monde de se bâtir un univers propre et d’évoluer dans celui-ci. À la fin de l’oeuvre, plusieurs membres du clan Coleman arrivent à atteindre la liberté (émotionnelle, financière, familiale). Mais à quel prix?

Rencontrer l’ailleurs

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Nous croyons qu’il est pertinent d’entrer en contact avec diverses cultures, et ce, le plus tôt possible. La dramaturgie argentine a très peu été montée au Québec. Toutefois, lorsqu’on lit un texte comme La omision de la familia Coleman (version originale), on est en mesure de constater que les liens familiaux argentins sont très similaires aux nôtres. La cacophonie tirée de l’oeuvre de Claudio Tolcachir nous ramène à la complexité de nos propres familles. Des joutes langagières où celui qui parle le plus fort gagne. Plusieurs auteurs et réalisateurs d’ici proposent ce genre d’univers. Michel Tremblay, bien sûr. Mais si on regarde plus près de nous dans le temps, on peut cibler “Chiens de garde”, ou bien “Mommy”. La fée du blogue a déjà vécu des partys de famille similaires aux moments de chaos retrouvés dans Les Coleman-Millaire-Fortin-Campbell.

Ce langage qui nous est propre

Il était important pour nous d’adapter l’oeuvre originale espagnole. Il existe une version française du texte de Tolcachir. Toutefois, pour bien faire le pont entre la création de Tolcachir et notre réalité langagière, nous trouvions pertinent d’adapter le texte avec des mots bien à nous. C’est pourquoi Catherine Beauchemin (traductrice de l’oeuvre) a mis au point quatre versions. Vérifiant et revérifiant les équivalents langagiers de Buenos Aires et du Québec. De plus, nous avons eu le privilège de travailler de pair avec Julie Vincent et Ximena Ferrer. Grâce à leur oeil expérimenté et leur immense connaissance de la culture argentine, nous sommes arrivés à une traduction finale riche et très près de notre quotidien. Les jeunes pourront ainsi se reconnaître dans Les Coleman-Millaire-Fortin-Campbell.

Un spectacle qui aborde les différences

Les personnages des Coleman-Millaire-Fortin-Campbell sont hauts en couleur. Ils étonnent par leurs comportements excessifs et spontanés. De plus, leurs rôles au sein de la famille s’interchangent constamment. De sorte que dès les débuts, on ne sait pas trop qui est la mère de qui. Nous sommes incapables de déterminer l’âge des personnages, oscillant constamment entre l’enfance et l’âge adulte. Gabi dit d’ailleurs au Docteur, : “Maman est pas très mature, Docteur”. En outre, le personnage de Mario est l’un des plus riches de l’oeuvre. Il semble en décalage constant avec tout le monde, incapable d’entrer en contact avec ses pairs. Tolcachir ne mentionne pas ce qui habite Mario (qui semble avoir un léger retard sur tous les autres). Toutefois, ce sont ses inaptitudes qui créent toute la richesse de son personnage. Et qui fait qu’à la fin du récit, on se prend d’affection pour lui. Ce qui étonne parce que, de prime abord, il paraît détestable. Il fait bon de réaliser que nos faiblesses peuvent devenir nos forces, surtout quand on est jeunes.

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Théâtre Denise-Pelletier ; le berceau de plusieurs découvertes théâtrales

Nous sommes excessivement reconnaissant(e)s de pouvoir jouer au Théâtre Denise-Pelletier. Cette institution a participé à l’éducation théâtrale de beaucoup de nos proches. Débuter notre carrière de compagnie dans ce lieu de diffusion est un privilège. Le récent décès de Gilles Pelletier nous a permis de nous rappeler tout ce qui avait été mis en branle par le passé afin que les jeunes puissent avoir accès à la dramaturgie d’ici et d’ailleurs. La Nouvelle Compagnie Théâtrale a dressé la table pour tellement d’artistes. Nous espérons contribuer à notre façon à la pérennité d’une culture théâtrale foisonnante et saluons, par le fait même, Claude Poissant et toute son équipe pour leur confiance.

T’es convaincu(e)? Ton neveu aussi?

Voici le lien pour acheter les billets : https://www.denise-pelletier.qc.ca/billetterie/unite/

Catherine Demers