• La trilogie animale de Pau Mirò •

Buffles de Pau Mirò : écho d’une violence politique actuelle

Le Théâtre à l’eau froide présentera, en novembre prochain, Buffles, un texte du dramaturge catalan Pau Miro, dans une mise en scène de Luce Pelletier. Il s’agit du premier texte de sa Trilogie Animale. Lions et Girafes viennent compléter cette trilogie.

Le fait de monter Buffles présentement vient prendre tout son sens considérant toute la violence qu’il y a en Catalogne. La pièce met en scène des buffles qui sont pris au piège de la blanchisserie dans laquelle ils habitent. À l’extérieur ; la menace des lions. La loi de la jungle. Cinq buffles qui tentent de s’émanciper, de trouver leur identité propre et de se dissocier des membres de leur propre clan. Le texte, raconté par des enfants, est d’une violence extrême. Certains sont dévorés par des lions alors que les autres frères et sœurs se battent à s’en casser les côtes. Parce qu’il le faut bien. Parce que cette colère doit être extériorisée. Ce qu’on comprend, au fil de la lecture de Buffles, c’est que le père de la famille a fait un pacte avec les lions. Un pacte sanglant et dévastateur. Une façon de contrer l’oppression de cette loi non-écrite qu’elle celle de la sélection naturelle.

 Pau Miro, 2016

Pau Miro, 2016

Dans une Catalogne qui se voit opprimée et bâillonnée, nous ne pouvons pas passer à côté des hiérarchies animales ciblées par Mirò. Quand on sait que l’animal officiel de la Catalogne est l’âne tandis que celui de l’Espagne est le taureau, on est en mesure de réaliser toutes les dynamiques politiques et sociales se retrouvant dans le conflit identitaire de la Catalogne. Nous retrouvons plusieurs figures d’oppression lors de la lecture des trois œuvres de la trilogie, c’est-à-dire Buffles, Lions et Girafes. Dans Buffles, il y a la présence constante des lions qui rôdent. Dans Lions, nous pouvons constater la présence du commissaire qui arrive sans prévenir, rentre dans les chaumières comme si c’était chez lui. Pour Girafes, nous avons des indices temporels plus précis. La pièce se déroule dans les années 50 et donc, directement dans l’ère de la dictature espagnole.

Toutefois, même si Pau Mirò dépeint la violence et la crise identitaire avec brio, il sait trouver la lumière. Son écriture est frappante de poésie et de simplicité. Le Théâtre à l’eau froide est tombé amoureux de Buffles et est très fier de présenter ce spectacle. Le premier. D’une longue série. Nous tenons d’ailleurs à remercier Luce Pelletier pour sa confiance en nous et sa générosité sans fin. Nous sommes également comblés par la distribution et l’équipe de conception.

Buffles, c’est du 1er au 26 novembre 2017. Du mercredi au samedi. À 20h00. 20$ pour les adultes et 15$ pour les étudiants.

banniere.jpg

 

Catherine Demers