• Le Québec aime l’Argentine •

Le Québec aime l’Argentine
 

Quoi de plus romantique et de plus enivrant que les amours sur le décalage horaire? C’est ce que les membres du Théâtre à l’eau froide ont vécu. Les trois en même temps et pour le même homme… Ne vous en faites pas, ce n’est pas de l’ordre des Amours imaginaires de Dolan. Pas de crêpage de chignon, non monsieur!  Il s’agit plutôt d’une passion dramaturgique et artistique. L’être convoité : Claudio Tolcachir

 

 Photo : Alejandro Guyot

Photo : Alejandro Guyot

Portrait d’un brillant artiste argentin

Claudio Tolcachir a plusieurs cordes à son arc : il est auteur, metteur en scène, acteur, pédagogue et est à la direction de la compagnie Timbre 4. Son premier texte, La omisión de la familia Coleman est joué un peu partout à travers le monde et est récipiendaire de divers prix et mentions. C’est un texte que le TEF apprécie beaucoup, beaucoup… 

Par la suite, il signe l’écriture complète de trois autres textes, dont son dernier Emilia crée en 2013 au sein de Timbre 4. Il co-écrit et fait la mise en scène de Dinamo, œuvre présentée au Festival d’Avignon en 2015. D’ailleurs, si vous prévoyez une visite en Argentine, sachez que Timbre 4 donne des séminaires en automne prochain car il ne s’agit pas uniquement d’une compagnie, il s’agit d’une école qui prône l’interdisciplinarité chez l’artisan de la scène. 

 

Quelques histoires de concubinage théâtral entre l’Argentine et le Québec… 

En 2011, un des membres du TEF (Kariane) a eu la chance d’assister à la pièce Fallait rester chez vous tête de nœud, un texte de Rodrigo Garcia présenté par le Théâtre des Fonds de Tiroirs. Il s’agissait d’un processus audacieux car les spectateurs étaient munis de casques d’écoute, assis à l’intérieur de la Bibliothèque Gabrielle-Roy tandis que les comédiens se promenaient allégrement à l’extérieur. Ils étaient visibles seulement lorsqu’ils se mettaient devant la grande fenêtre de la bibliothèque. Cette distanciation permettait à l’auditoire de s’accrocher aux mots de l’auteur argentin et les acteurs, sous la direction de Frédéric Dubois, transportaient les personnes présentes dans un monde où la confession
et le voyeurisme étaient à l’honneur. Si on aime beaucoup Tolcachir,
on peut aussi dire qu’on aime Dubois. Beaucoup, beaucoup! 

 

En 2016, une troupe de Buenos Aires est venu présenter le spectacle Las Ideas au Carrefour International de Théâtre de Québec. La mise en scène était assurée par Federico León, une des figures de proue de la scène indépendante de Buenos Aires. Alain-Martin Richard, dans un article tiré de la revue JEU, décrit Las Ideas comme suit : « Le texte, mis en scène par son auteur Federico León, s’emboîte en une série de séquences amorcées chacune par une idée simple, parfois loufoque, souvent banale, toujours un peu surréaliste. Puis cette idée de départ emprunte des chemins tortueux, émouvants, drôles, teintés d’intelligence et de clins d’œil malicieux. Las Ideas explore ainsi la technologie elle-même avec les ordinateurs, les enregistrements sonores et vidéo, les projections emboîtées […] l’éclatement de l’espace scénique avec cette incursion dans la vie privée via une conversation téléphonique, etc. ». 

Comme quoi l’herbe n’est pas nécessairement plus verte ailleurs mais il fait bon se rouler dedans une fois de temps en temps. 

Le Théâtre à l’eau froide 

Catherine Demers